Le réveil est difficile. Un brouillard opaque me voile les yeux. Quelques clignements de paupières suffisent à voir correctement. Je suis couché sur une banquette, plusieurs personnes sont à mes côtés, le regard vide, plongées dans leurs pensées. Un sentiment de déplacement me donne la gerbe, il faut que j'regarde la route. Un coup d'½il à travers la vitre à ma droite, je m'aperçois que je suis dans un foutu bus qui m'emmène je ne sais où. Je décide de m'assoir pour me sentir mieux. Un mal de crâne terrible me ronge le cerveau, on dirait que ce dernier est passé dans un mixeur. J'ai mal à m'en taper la tête contre le siège avant qui est d'ailleurs dans une matière qui m'est inconnue. Qu'est-ce que c'est que ça ? Même en la touchant délicatement je n'arrive pas à la décrire. En tous cas, c'est très agréable. Une vieille à ma gauche me regarde étrangement. Sa peau craquelée et ses formes biscornues montre qu'elle est plus que centenaire. Je n'ai jamais vu un corps pareil, si laid, si fripé, si attaqué par le temps. Son regard engloutit par les années et par les rides m'observe comme si j'étais un étranger, un intrus à la situation actuelle. Mes yeux préfèrent la laisser de côté pour l'instant et regardent plus loin, au travers de la très large vitre qui se trouve à près d'elle. De nombreux buildings s'offrent à ma vue, des bâtiments à l'architecture futuriste qui trouent les nuages. On n'en voit même pas le bout. J'ai l'air de me trouver dans une ville qui ne dort jamais. C'est alors qu'en tournant la tête, je m'aperçois que je ne suis pas dans un bus mais dans un engin qui roule au-dessus du sol, peut-être une sorte de métro aérien. Qu'importe, je me fous de savoir où je me trouve. Ce que je veux c'est... Blocage. Je n'arrive plus à réfléchir. Le fait d'avoir pointé mes yeux à travers cette vitre me bloque les pensées. Mon cerveau n'est rien d'autre que de la pâte à modeler. Il n'a plus de pages pour écrire ce dont il a besoin, il est à sec, le mur de mes pensées est plein, il ne peut pas appeler pour contrôler mes membres, il est sourd et muet face à cela. La vague approche. Tout est soufflé et s'écroule comme du papier. Je regarde la destruction d'un monde que je ne connais pas encore. Dans l'engin où je me trouve, j'ai l'impression d'être omnipotent, comme si je pouvais contrôler cette onde destructrice et ravageuse. Le pire c'est que j'ai l'air d'aimer ça. Un sourire parcourt mes lèvres comme cette vague sillonne cette mégapole en la réduisant en cendres. Ca claque, ça explose, ça chauffe, ça brûle, ça aspire, c'est absolument torride. Ma tête va imploser et asperger cette vitre de chair et de sang. Ca va être dégueulasse.
La fin d'après-midi se fait ressentir. La lumière orangée que diffuse le soleil couchant mêlée à la poussière donne un effet superbe. Si seulement je pouvais immortaliser le moment.
Je veux y plonger. Je veux aller dans ce désert de flammes, ce torrent brûlant. Pourquoi n'être qu'un spectateur ? Pourquoi ne suis-je pas soufflé moi aussi ? Pourquoi me faire endure cela ? Dis-moi pourquoi !
Obscurité. Noir total. Quelques secondes sans vision ni son. La lumière se rallume. J'ouvre les yeux. Je suis allongé dans un champ. Le ciel est bleu azur.
La fin d'après-midi se fait ressentir. La lumière orangée que diffuse le soleil couchant mêlée à la poussière donne un effet superbe. Si seulement je pouvais immortaliser le moment.
Je veux y plonger. Je veux aller dans ce désert de flammes, ce torrent brûlant. Pourquoi n'être qu'un spectateur ? Pourquoi ne suis-je pas soufflé moi aussi ? Pourquoi me faire endure cela ? Dis-moi pourquoi !
Obscurité. Noir total. Quelques secondes sans vision ni son. La lumière se rallume. J'ouvre les yeux. Je suis allongé dans un champ. Le ciel est bleu azur.
